Même si le Front National a obtenu un nombre de voix historique pour son mouvement lors du premier tour des élections présidentielles avec 7,7 millions de votes, dans 56 communes de l’hexagone, aucune voix en faveur Marine Le Pen n’est sortie des urnes.

7,7 millions de voix. Ce chiffre constitue le record absolu pour le parti du Front National lors d’une élection présidentielle depuis sa création en 1972. Pourtant, Marine Le Pen n’a pas fait l’unanimité dans tout le pays. En effet, plusieurs communes, notamment dans le sud-ouest, ont vu le score du Front National à 0 %. C’est le cas à Trassanel, petit village de la montagne Noire, et ses 26 votants pour le premier tour des élections, le 23 avril dernier. Pour Christiane Gros, maire depuis mars 2008, ce résultat est la conséquence du massacre de Trassanel d’août 1944, lorsque des nazis font tomber sous leurs balles les maquisards de ce village audois. Depuis, le devoir de mémoire demeure intact, tous les ans, au cimetière Trassalenois. « Les habitants n’ont rien oublié de l’histoire des maquisards. Ce souvenir est resté dans nos mémoires et on le perpétue. Je n’étais pas stressée au moment du dépouillement, mais je suis totalement satisfaite de ces résultats ».

À Romiguières, le FN a disparu

Romiguières. Cette commune – la plus petite de l’Hérault – ne vous dit rien, et pourtant, elle possède une particularité étonnante. Lors de l’élection présidentielle de 2007, Jean-Marie Le Pen obtient 25 % des voix. En 2012, c’est sa fille Marine qui arrive en tête, dans la commune du canton de Lodève, avec 33 % des voix. Dimanche dernier, surprise au moment des résultats, aucun électeur n’a coché le nom de Marine Le Pen. De quoi étonner Valérie Rouveirol, maire depuis 2008. « Au moment du dépouillement, j’ai été agréablement surprise et cela représente une satisfaction par rapport au vote Front National. J’étais surtout inquiète compte tenu des derniers résultats de ce parti dans la commune aux dernières élections présidentielles ». La satisfaction, le maire de Loubaut (Ariège) Ramon Bordallo, est aussi un des sentiments qui l’habite. Avec ses 27 électeurs inscrits (tous les habitants du village possèdent la carte électorale), M. Bordallo se dit « satisfait qu’il n’y ait aucun vote FN, et cela depuis plusieurs années ». Et cela tient, pour lui, à une solidarité sans faille des Loubautois. « Les habitants se rendent service, sont au courant des difficultés et s’entraident constamment. Il faut se battre pour la démocratie et le partage des richesses, quand on se bat pour cela, le FN n’a pas de raison d’être et il ne pourra pas exister ». Trois villages, trois histoires qui rappellent que même si le FN est arrivé en tête dans de nombreuses zones rurales, certaines n’ont même pas touché au bulletin de Marine Le Pen.