Un mot dominait hier soir au meeting de Benoît Hamon au zénith de Toulouse : le vote. À cinq jours du premier tour des élections présidentielles, les soutiens du candidat et lui-même abattent leur dernière carte : il faut convaincre les citoyens à se déplacer pour voter et voter par convictions.

Il se pourrait que les derniers sondages envoient les adeptes du « vote utile » vers Emmanuel Macron. Mauvaise blague pour Benoît Hamon et ses soutiens qui n’attendent pas la veille du premier tour pour se retourner. Ils sont sept à avoir fait le déplacement pour montrer aux presque 7.000 militants présents, leur détermination aux côtés du candidat. Tous n’avaient qu’un objectif : faire que les électeurs soient devant les urnes, dimanche.

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Georges Mérik, Carole Delga et Yannick Jadot au meeting de Benoît Hamon

Cécile Duflot, fidèle alliée du socialiste dans cette campagne ouvre la marche (oserons-nous vraiment parler d’ « ouvrir la marche » lorsque le principal rival visé par Benoît Hamon dans ses critiques sur la scène du zénith est Emmanuel Macron ?). La ministre de l’écologie est donc la première à monter sur l’estrade. Et la dynamique est aussitôt lancée. « Le vote est un choix qui engage l’avenir, et il porte le nom de Benoît Hamon ». Ce n’est pas Pierre Cohen, ancien maire de la ville rose, qui affirmera le contraire. Il dénonce le vote utile, « on nous dit qu’il faut voter utile, moi je veux voter agréable et agréable a un nom : Benoît Hamon », ce qui n’a pas l’air de déplaire aux milliers de convaincus dans la salle, qui scandent « Hamon, président ! ». Julia Cagé, la « Madame économie » du candidat, n’hésite pas et détourne le potentiel problème, « Votez utile ! Oui, un candidat utile pour vous ! ». Elle est aussitôt soutenue par Yannick Jadot, député européen écologiste, « les énergies vitales de la société qui hésitent encore et à qui on prescrit le vote utile… amenons les vers le vrai vote utile : Benoît Hamon ». Comme sur du papier à musique, tous se sont accordés. C’est d’ailleurs la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, qui conclura avant de laisser l’espace au candidat, « il n’y a pas de vote plus utile que le vote pour Benoît Hamon ».

À la fin du meeting au zénith de Toulouse le 18 avril 2017, Benoît Hamon remercie les quelque 7 000 personnes venues le soutenir./ Léo Rebeyrol

Le candidat officiel du parti socialiste restera, lui, plus discret mais n’oubliera cependant pas l’idée principale du meeting. Exposer ses idées c’est déjà fait, désormais il faut mobiliser. « Nous sommes collectivement plus fort que tout (…) Je vous demande d’appeler les français à porter ce projet avec nous. »

« Faire battre le coeur de la France », slogan officiel, reste tapis dans l’ombre pour laisser place à « Je vote pour ». Pour un projet, pour des idées, mais aussi et surtout, pour le revenu universel d’existence (plus d’informations ici), pour Benoît Hamon.

Les militants fidèles à Hamon jusque sur leur tee-shirt./ Léo Rebeyrol