Après Marseille et Paris, c’est à Toulouse, dimanche 16 avril, que Jean-Luc Mélenchon a lancé en trombe sa dernière partie de campagne. À à peine une semaine du premier tour, le candidat de la France insoumise a réuni près de 70 000 personnes sur la prairie des filtres. Et quelque 50 000 internautes qui ont suivi son discours depuis ses comptes Facebook et Youtube. Il a aussi profité de l’événement pour remettre quelques pendules à l’heure.

Pas moins de 70 000 personnes se sont rassemblées sur la prairie des filtres  pour écouter Jean-Luc Mélenchon. / Crédit : Hugo Murail

Centré sur la liberté et le plan international durant son discours, le député européen n’a pas hésité à répondre aux récentes critiques de ses adversaires. Leur rendant ainsi coup pour coup, sous des huées et des « résistance, résistance », « dégagez, dégagez » scandés par la foule.

Dès ses premières phrases, le ton est donné. « Nous ne sommes pas, comme le voudrait Fillon, cette paroisse du XIXe siècle. Nous ne sommes pas la France qui serait ce sac à puces d’agités que nous propose Macron en voulant faire de nous des start-up. Nous ne sommes pas cette machine à haine que nous propose d’être Le Pen », a-t-il déclaré, en comparant sa vision de la France à celle de ses rivaux. Tous ont été « renvoyés face à leurs contradictions » : Emmanuel Macron « qui a signé 11 accords avec l’Iran du Mollah Rohani », Marine Le Pen « qui est allée serrer la main de Poutine en Russie » et l’ex-ministre Benoit Hamon, « qui a signé 7 accords avec le Venezuela ». Mais c’est sans conteste François Fillon qui a été le plus pointé du doigt durant ces 80 minutes de discours.

« Une veste cousue main » pour Fillon

Ses coups les plus rudes sont réservés au candidat de droite et les envolées s’enchaînent. « Je dis à Monsieur Fillon, qui aime les beaux habits, que le peuple français va lui offrir une veste électorale cousue main. », ironise-t-il sous des rires, à propos de deux costumes reçus par Fillon, pour une valeur de 13 000 euros.

Mélenchon a tenu à répondre aux critiques. / Crédit : Hugo Murail

Mais l’ex-socialiste n’en est pas resté là. « Si je devais recevoir des leçons de fréquentations, ce n’est pas de lui que je les prendrais, parce que moi je n’ai pas invité à fêter le 14 Juillet l’émir du Qatar », a-t-il poursuivi. Ajoutant que s’il est élu président, « il n’y aura aucun monarque invité à la fête de la République. ».

Qualifié samedi d’« Ubu », par l’ancien Premier ministre, le candidat de gauche radicale a estimé que F.Fillon avait « perdu une bonne occasion de se taire ». « Cet homme s’est mis tout à coup à critiquer un accord fiscal avec le Qatar, en oubliant que c’était lui qui avait signé! » a-t-il ironisé à propos de l’amnésie de François Fillon. Toujours au coude-à-coude avec François Fillon dans les sondages pour la troisième place, Jean-Luc Mélenchon prévient ses partisans. Cette dernière semaine s’annonce décisive, intense, et pleine d’attaques.

Israa Lizati