Friperies, dépôts-ventes, achats solidaires, il existe mille manières de s’habiller à moindre coût. À Toulouse, plusieurs adresses offrent une alternative aux grandes enseignes de prêt-à-porter. Enquête sur cette forme de consommation de plus en plus privilégiée. 

Si vous n’êtes pas du genre à acheter la dernière veste à la mode, cet article est fait pour vous. Chaussures, pulls, déguisements, jeans, chapeaux ou encore sacs à dos, tous ces produits évoqués dans cette article se voient offrir une nouvelle vie. Que ce soit par conscience écologique ou simplement pour une question de mode, les consommateurs n’hésitent pas à retourner leurs vestes pour les friperies. Ces magasins qui revendent des vêtements d’occasion sont incontournables dans le centre-ville de Toulouse.

« J’ai ouvert 4 friperies en 3 ans »

Mais qu’est-ce qui peut bien pousser un marchand à ouvrir une friperie? Yann, commerçant implanté dans la France entière, a fait sa place sur le marché du vêtement de l’occasion. Après avoir effectué une école de commerce, ce passionné de mode s’est lancé dans l’aventure. « Cela fait seize ans que je suis installé à Toulouse. Pour faire ce métier, il faut être passionné. Les vrais passionnés sortent des marchés, c’est la meilleure école pour devenir vendeur. Tous les jours, il faut monter et démonter son magasin. » retrace Yann. « Depuis, j’ai ouvert 4 friperies en 3 ans à Toulouse. D’abord Kilostock, puis Vintage Paradise, Jet Rag et enfin Futur Retro. En France, je suis également installé à Bordeaux, Montpellier et Paris. En tout, j’ai neuf boutiques. »

La boutique Kilostock regorge d’articles qui ne demandent qu’à trouver preneur…/DR

Mais comment rivaliser avec les grandes enseignes de prêt-à-porter? Et bien les friperies ne boxent tout simplement pas dans la même catégorie. L’occasion peut aussi rimer avec qualité, ce que dénonce Yann. « Nous ne sommes pas en concurrence avec les magasins de grandes marques. Le seul qui puisse nous faire de l’ombre serait Primark qui va s’installer à Toulouse avec leurs petits prix » révèle le gérant de Kilostock. « Tous les habits que nous vendons sont importés du Texas aux Etats-Unis. J’achète mes trouvailles auprès de grossistes qui se fournissent dans des usines de récupération de vêtements d’occasion. Ensuite, nous n’avons plus qu’à les trier. Par exemple, vous pouvez trouver un perfecto en cuir à partir de 60 euros. Dans des enseignes comme Zara, il sera à 80 euros et en plastique. »

L’ancien toujours à la mode

Les vendeurs de friperie sont unanimes : le vintage peut très bien se marier avec le neuf. « Je crois au retour de l’Antiquité » s’enthousiasme Brigitte Leitz, gérante de Au Bonheur Des Dames. On peut mélanger de l’ancien avec des vêtements hyper design. C’est intemporel. » Un avis que partage également Yann. « Si on est malin, on mélange les deux. La mode c’est quelque chose de cyclique. Ce qui a été porté dans les années 90 est redevenu très tendance. J’ai remarqué qu’il y a beaucoup plus de jeunes qu’avant. Ils font plus attention à la manière dont ils s’habillent. Ils n’ont pas des milliards et grâce aux friperies ils trouvent des habits originaux et peu onéreux. »

Le dépôt-vente Rebelote s’étend sur deux boutiques./DR

Il n’y a pas que dans les friperies que le phénomène séduit. Dans les dépôts-ventes aussi les consommateurs font des affaires. Les vêtements de marque sont revendus d’occasion de particulier à particulier. Claire Fezouls, présente depuis 28 ans à Toulouse avec son enseigne Rebelote, a été un témoin privilégié de cette nouvelle façon de consommer. « Nos produits sont quasiment neufs mais 50% moins chers qu’en boutique. Acheter d’occasion est une question d’état d’esprit. Avant c’était plus compliqué, les clients se cachaient. Maintenant, c’est rentré dans les mœurs » affirme Claire Fezouls. « J’avais un petit magasin autrefois et aujourd’hui j’ai deux boutiques, ça prouve que ça marche. Je suis passionné par les vêtements. J’ai ma sensation que l’on donne une âme au vêtement en le revendant. »

« Une autre manière de shopper »

« Le principe de base des friperies, c’est de réaliser la bonne affaire » rappelle Yann. Et ça, les clients friands de vêtements d’occasion l’ont bien compris. « Cela fait deux ans que je vais en friperies. J’y recherche des pièces originales que l’on ne trouve nul par ailleurs » indique Victoria. « C’est surtout les prix qui m’intéressent et les bonnes affaires qu’on y fait. »

Des prix bradés, certes, mais une façon de consommer différemment. Eviter le gaspillage du textile, économiser, et se démarquer des autres, voilà les raisons qui poussent à chiner. « Ça fait trois ans que j’y vais car j’aime les habits qui ont vécu, qui ont une histoire » reconnaît Ania. « Les tarifs sont très avantageux et puis je trouve cette consommation plus écologique. »

Du déguisement à la pièce d’exception, bienvenue dans le monde de la fripe./DR ALM

Il n’y a pas que les habits originaux qui poussent les consommateurs à revenir. L’agencement des boutiques ou encore les échanges avec les vendeurs fidélisent les clients. « J’ai découvert les friperies il y a 5 ans. J’aime bien l’ambiance des boutiques, c’est plus intime que dans d’autres magasins. C’est une sorte d’immense garde robe. Les vendeurs sont plus attentifs, à l’écoute. Il y a moyen d’avoir de réelles conversations avec eux, c’est sympa. De plus, les boutiques ne sont jamais bondées » détaille Joor. « Chaque client a son propre univers vestimentaire, ça change des enseignes comme Zadig et Voltaire où tous ont la même apparence! »
« La plupart du temps, je recherche la pièce qui peut ajouter un truc en plus à ma tenue. Comme tout le monde, je déteste voir un de mes habits sur quelqu’un d’autre. termine Joor. « Le rapport qualité-prix est génial. C’est une autre manière de shopper et ça c’est génial! »

Le gaspillage du textile en chiffre

Les 10 adresses de la rédac’

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