Les premières conclusions de l’enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) après l’arrestation violente à Aulnay-sous-Bois ont été dévoilées jeudi 9 février. Pour la police des polices, le « viol délibéré » est écarté. Il s’agirait d’un « accident grave et réel ».

Elles ne risquent pas d’apaiser les tensions dans la cité des 3000 à Aulnay-sous-Bois. Les premières conclusions du rapport de l’IGPN sur l’arrestation et le viol présumé de Théo ont été dévoilées, et contredisent la version de la victime. Le jeune homme de 22 ans originaire d’Aulnay-sous-Bois a été très sérieusement blessé lors de son interpellation par quatre policiers, la semaine dernière. La victime accuse les policiers de viol à la matraque télescopique.

« Accident réel »

L’IGPN a donc visionné les images de vidéosurveillance de l’arrestation. Selon son rapport, la police des polices explique qu’elle privilégie la thèse de l’accident : c’est une « opération qui tourne mal« , mais la thèse du « viol délibéré » est écarté selon elle, puisque le fonctionnaire de police qui a donné le coup de matraque n’avait pas une « intention de pénétration« . Le rapport concède que « c’est un accident grave et réel, ça peut être des violences ayant entraîné une infirmité permanente. »

Le pantalon « a glissé tout seul »

Sur le film de surveillance de la police municipale, les enquêteurs expliquent que l’on peut voir un policier « porter un coup de matraque horizontal au niveau des fesses après que [le] pantalon [de Théo] a glissé tout seul« . Une version qui contredit celle de Théo, le jeune homme affirmant que le policier aurait volontairement introduit l’objet dans son anus. Le jeune Aulnaysien souffre en tout cas selon le diagnostic des médecins d’un plaie longitudinale du canal anal, et une section du musclé sphincterien, entraînant une incapacité totale de travail (ITT) de 60 jours.

Pour rappel, le parquet de Bobigny a inculpé un policier pour « viol » et ses trois collègues pour « violences volontaires en réunion par personnes dépositaires de l’autorité publique« .