Vous n’avez peut-être jamais entendu parler de « couchsurfing », et pourtant cette pratique existe depuis une dizaine d’années maintenant. En 2004, la plateforme Couchsurfing est créée, avec un principe simple : s’inscrire, et proposer de recevoir des gens chez soi, ou de demander à être héberger en France ou à l’étranger. Une pratique discrète et enrichissante racontée par Nathan et Amélie, deux adeptes du couchsurfing.

Nathan réside à Paris, à bientôt 24 ans il n’a pas encore terminé ses études, mais dès qu’il a du temps, il voyage. Depuis qu’il a découvert le couchsurfing il y a trois ans, Nathan a « squatté le canapé » d’une dizaine de personnes à travers le monde. « J’adore faire du couchsurfing. Je me vois pas aller dans un hôtel en fait, quand je voyage j’aime être totalement immergé dans la ville que je visite. Et rencontrer des gens c’est pour moi la meilleure façon de découvrir un pays, une ville ». Et à l’inverse, un couchsurfer peut aussi accueillir des gens chez lui, « j’ai déjà accueilli quelques personnes chez moi, y’a beaucoup de gens qui veulent venir à Paris. Ca s’est toujours bien passé. Et puis, qu’ils viennent d’Italie, de Chine, ou des Etats-Unis, j’ai toujours l’impression de voyager depuis mon canapé ».

Amélie, elle, vit à Toulouse, elle fait partie d’une communauté de couchsurfers, et se rend régulièrement à des meetings. Ca fait quatre ans qu’elle fait du couchsurfing, même si aujourd’hui, entre le boulot et les études, c’est compliqué. « Au début, vu de l’extérieur, j’ai trouvé ça bizarre. Mais au final, il se passe plein de choses dans le couch. Tu peux recevoir, voyager, mais tu peux aussi faire visiter, rencontrer d’autres personnes via des meetings. C’est que du partage. J’ai connu le couchsurfing grâce à ma mère, qui l’a elle-même découvert par mon frère. Ma mère s’est beaucoup investie, elle a reçu des gens, organisé des événements. C’est vraiment génial ».

Ils sont de plus en plus nombreux à se faire héberger, et à accueillir des voyageurs venus des quatre coins du monde. Ils sont 4 millions de couchsurfers dans le monde. Pour en faire partie, il suffit de se créer un profil sur le site dédié au couchsurfing, donner ses centre d’intérêts, les voyages réalisés, et bien sûr, donner ses disponibilités. Pour ceux qui ne l’auraient toujours pas compris, le concept du couchsurfing est basé sur l’échange, et se veut donc gratuit. Mais ne vous y méprenez-pas, même si l’aspect financier peut être intéressant, le but premier reste de faire des rencontres.

Le couchsurfing « c’est pas un hôtel gratuit »

La première expérience de couchsurfing de Nathan c’était à Milan, en Italie. « La première fois, j’étais stressé et excité à la fois. Dormir chez un inconnu c’est pas rien non plus. Et au final ça s’est super bien passé. Ce voyage était génial, je suis tombé chez un italien qui avait l’habitude de faire du couchsurfing. il adorait sortir et rencontrer des gens. Ca a été super enrichissant pour moi, au final, c’est en discutant avec les gens qu’on découvre vraiment les autres cultures ». Aujourd’hui, Nathan s’est fait des amis à travers le monde, « j’ai rencontré beaucoup de monde au cours de mes voyages, et j’ai fais des rencontres superbes. J’ai gardé contact avec plusieurs personnes, je me suis vraiment fais des amis. Je suis allé au Canada l’an dernier, j’ai dormi quelques jours chez deux Canadiens en colocation, et au final, on s’est tellement bien entendu que je suis resté un peu plus longtemps chez eux. On se parle régulièrement, on est devenus des potes ».

Pour Amélie, « il y a toujours une part d’excitation, mais il faut faire attention, et pas aller chez n’importe qui. On a entendu des sales histoires, et ça m’embête que le couchsurfing soit associé à ça. Les mauvaises expériences ça arrive, mais comme partout, faut pas généraliser. J’ai entendu de pires histoires sur Bla Bla Car ou AirBnB. Le vrai couch c’est le partage. Certains sont pas dans l’échange, te donnent juste les clés et tu les vois jamais. Pour moi le couchsurfing c’est discuter, manger avec l’autre, sortir, visiter. On peut dire que t’es ami avec la personne avant même de l’avoir rencontré, c’est un état d’esprit ». Concernant l’aspect financier, Amélie tient à mettre les choses au clair, « l’idée ce n’est pas de payer l’hôte, et je pense qu’il le prendrait mal si on lui donnait de l’argent. Et à l’inverse, ce n’est pas non plus de se dire que c’est un hôtel gratuit. Y’en a qui le font bien sûr, mais ce n’est pas ça le couchsurfing.  En revanche,  on peut se faire des cadeaux, ou cuisiner un repas. Une fois des Australiens qui étaient musiciens m’ont donné leur CD. Tout est une question d’échange et de partage ». Mais au-delà du partage et de l’échange, le couchsurfing c’est aussi de l’investissement, « c’est très prenant, car il faut avoir le temps de discuter, de faire des sorties ensemble, ou de faire visiter la ville. Il faut pouvoir être présent ». Et ces hôtes qui prennent le temps pour leurs invités éphémères, sont souvent les meilleures rencontres. « J’ai fais du couch à New-York, pendant 9 jours, et le type était adorable, il a nous a fait visité la ville, il nous a amené à des meetings couch. Ma mère s’est faite une amie en allant au Canada, elle l’a hébergée en retour. En fait c’est même plus du couch, c’est héberger des amis, tout simplement. Et chaque personne est différente, on découvre une culture, c’est ça qui est super. Tu rencontres des gens venus de partout dans le monde, grâce au couch tu fais des rencontres que t’aurais pas forcément fait dans la ‘vie normale' ».

Le couchsurfing, c’est donc bien plus que squatter un canapé, c’est partager, échanger, découvrir. Et généralement, tout le monde y trouve son compte. Du retraité qui se sent seul et ayant besoin d’échanger, au jeune voyageur curieux de découvrir de nouvelles cultures, de nouvelles personnes.