Dans un rapport publié le mardi 7 février, Amnesty International affirme que près de 13 000 syriens ont trouvé la mort en cinq ans, dans la prison de Saydnaya.

Située à 30 kilomètres au Nord de Damas, la prison de Saydnaya est l’une des prisons les plus atroces du pays. Mais c’est également le lieu d’un véritable crime de guerre, d’un abattoir à opposant au régime. Depuis le début de la guerre en Syrie, il y a près de 5 ans, ce sont près de 13 000 personnes qui ont trouvé la mort dans d’horribles conditions entre ces murs, selon un rapport d’Amnesty International.

Non content de pratiquer tous les jours tortures et humiliations sur les détenus, ces derniers sont entassés dans des cellules et la nourriture et l’eau leur sont régulièrement supprimées. Mais les conditions de vie de ces détenus ne sont pas le plus inquiétant. En effet, entre septembre 2011 et décembre 2015 , près de 13 000 personnes ont été tués et selon Amnesty International pour Libération « il n’y a pas de raison de penser que les exécutions extrajudiciaires ont cessé depuis ».

Dans cette prison, les pendaisons ont en effet lieu entre une et deux fois par semaine et près de 50 personnes peuvent être pendues en une semaine. Les pendaisons ont lieu de façon totalement arbitraire. Chaque soir les gardiens passent entre les cellules et appellent des noms. Les personnes appelées sont alors conduites dans d’autres cellules, elles pensent qu’elles vont être transférées mais sont en réalité amenées dans des salles où elles sont pendues.

Il n’y a pas de procès. Avant d’être exécutés, les détenus passent devant un pseudo « tribunal militaire opérationnel ». Les prétendus aveux sur lesquels se fondent les condamnations sont extorquées sous la torture. La procédure dure entre deux et trois minutes, à la suite de quoi les détenus sont exécutés. Selon l’ONG « le tribunal fonctionne en dehors des règles s’appliquant au système légal syrien ».

Amnesty International appelle l’ONU à réagir

Pour Amnesty International, il est donc essentiel de stopper ces massacres au plus vite. Dans son rapport, elle exhorte l’ONU « à ouvrir une enquête indépendante sur les crimes commis à la prison de Saydnaya ». Elle appelle également la communauté internationale à s’unir et à mettre un terme à la politique d’extermination mise en place par Bachar-Al-Assad en Syrie, lors des prochains pourparlers de Genève sur la situation dans ce pays.

Pour l’heure, la situation n’a pas l’air près d’évoluer en Syrie, cette dernière pouvant notamment compter sur le soutien de la Russie et de l’Iran. Vous pouvez cependant signer la pétition d’Amnesty International en cliquant ici.