Plus de 250 000 personnes sont descendues dans les rues de plusieurs villes roumaines ce mercredi 1er février pour protester contre des mesures assouplissant les sanctions en cas de corruption.

Il s’agit ni plus ni moins du plus grand mouvement contestataire en Roumanie depuis la chute du dictateur Nicolae Ceaușescu en 1989. Mercredi, plus de 250 000 personnes ont battu le pavé dans la capitale, Bucarest, et des plus grandes villes du pays pour contester l’adoption d’un décret assouplissant les sanctions des hommes politiques en cas de corruption. En poste depuis seulement 29 jours le nouveau Premier ministre, Sorin Grindeanu, aura réussi à se mettre le peuple roumain à dos dès le début de son mandat. À peine arrivé au pouvoir, son gouvernement a prit une série de mesures qu’il décrit comme étant pour lutter plus efficacement contre la corruption. Pourtant dans les faits, le texte de loi – qui a été voté en secret en plein milieu de la nuit – dépénalise plusieurs infractions liées à la corruption et affaibli les possibilités de condamnation en cas d’abus de pouvoir puisqu’un homme politique jugé pour ce fait ne pourra risquer la prison qu’à partir de 44 000€ détournés.

Cette mesure passée à la hâte a aussi pour but d’empêcher Liviu Dragnea, le chef du PSD le parti de la majorité, d’être condamné dans le procès pour lequel il est jugé depuis mardi pour corruption. Devant ces mesures vivement critiquées par le peuple roumain, mais aussi par la communauté internationale, le président de la République, Klaus Iohannis, lui-même est descendu dans la rue pour affirmer son mécontentement vis-à-vis des décisions de son propre Premier Ministre.