D’après un rapport de l’ONU, en 2013, 2,4 milliards de personnes dans le monde n’avaient pas accès à l’eau potable. Depuis deux ans, l’entreprise toulousaine Sunwaterlife propose un système qui permet de remédier à ce problème.

L’aventure part d’un constat, aux alentours de 2013. Christophe Campéri-Ginestet et Hervé Le Berre possèdent une entreprise dans le milieu solaire. Grâce à l’énergie photovoltaïque, ils amènent de l’électricité dans les zones rurales très reculées d’Afrique. « Au fur et à mesure, on s’est rendus compte que l’eau potable manquait encore plus que l’électricité. On a voulu faire quelque chose », confie Christophe Campéri-Ginestet, président de l’entreprise Sunwaterlife. Après environ 1 an de recherche, le premier prototype qui transforme l’eau contaminée en eau potable, Aqualink, est construit. Il est simple d’utilisation, autonome et portable. « Il devait obligatoirement être portable. Les sources d’eau (mares, puits, rivières) bougent en fonction du temps et des saisons », explique Christophe. L’aventure est lancée : fin 2014, Sunwaterlife est créé.

En 2015, Christophe et Hervé déposent leur candidature pour intégrer l’incubateur de start-up Midi-Pyrénées. Il permet aux entreprises d’avoir un local et, surtout, un accompagnement (développement du réseau, financement pour développer l’activité). La Banque Publique d’Investissement (BPI), qui propose aux entrepreneurs de la région Midi-Pyrénées des solutions de financement  leur propose à son tour une subvention pour développer Sunwaterlife. Puis c’est la première levée de fonds : l’entreprise propose son projet sur le site de financement participatif Weseed. Ils récoltent 280 000 euros pour développer les Aqualink.

L’eau contaminée transformée en eau potable

L’Aqualink Home et l’Aqualink Huf/ Photo Camille Bigo

Le concept créé par Sunwaterlife est simple : purifier l’eau douce contaminée et l’eau saumâtre (eau salée) en eau potable grâce aux appareils Aqualink. Dans l’eau douce, le système enlève les virus et les bactéries. Dans l’eau saumâtre, il agit sur les virus et les bactéries mais aussi les contaminants physico-chimiques comme l’arsenic ou les fluors. Sunwaterlife a créé plusieurs appareils Aqualink : l’Aqualink portable Huf qui agit sur l’eau douce et permet de recuillir 300 litres d’eau par heure, l’Aqualink portable Trip qui agit sur l’eau saumâtre et recueille 800 litres d’eau par jour et l’Aqualink fixe Home qui extrait 360 litres d’eau par heure.


Christophe nous explique comment fonctionne l’Aqualink Huf.

 

Le système est proposé aux ONG, gouvernements, ou particuliers comme les hôtels et les industriels. Le prix des Aqualink portables varie entre 3 000 et 6 000 euros. « Dans les Pays en Voie de Développement, on a encore du mal à s’implanter. Ils manquent de financement », souligne Christophe.

Une soixantaine d’Aqualink dans le monde

Si le président de Sunwaterlife confirme que c’est du business, il insiste sur le fait que c’est un business qui a du sens, « une aventure humaine avant tout ».

Les Aqualink ont marché au Niger./ Photo DR

Le maire d’un village Sénégalais et ses conseillers boivent de l’eau potable après avoir bu de l’eau saumâtre pendant des années./ Photo DR Sunwaterlife

Une maman donne de l’eau potable à son enfant au Sénégal./ Photo DR Sunwaterlife

Sunwaterlife est aujourd’hui présent dans de nombreux pays d’Afrique et d’Asie du Sud-Est. Après la dernière catastrophe de Haiti, l’ONG Parisienne Haiti Futur, les a aussi appelé pour installer un système là-bas.

« En 2015, le projet a un peu décollé. En 2016, on a commencé a lever les roues », sourie Christophe. Aujourd’hui installés dans la Pépinière d’entreprises à côté de l’Oncopole, Christophe et Hervé comptent continuer leur développement. Ils ont récemment réalisé une seconde levée de fonds pour un nouveau projet. Avec les 220 000 euros récoltés, ils veulent mettre un nouvel appareil sur le marché : l’Aqualink Kiosk. Il permettra de fournir de l’eau potable en grosse quantité, environ 2 mètres cube par heure. « On va surtout continuer à se développer en Amérique du Sud », assure Christophe. Une belle aventure, qui n’est donc pas prête de se terminer !