Philippe Poutou parviendra-t-il à réunir ses 500 signatures d’élus locaux nécessaires pour participer à l’élection présidentielle 2017 ? Rien de moins sûr pour le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) qui n’en comptabiliserait pour l’instant que la moitié à un mois et demi de la date butoir du 18 mars.

Pas facile d’être un petit candidat à l’élection présidentielle. Pour cette élection, les prétendants à l’Elysée doivent obligatoirement recueillir 500 signatures d’élus locaux (maires, députés, sénateurs, parlementaires européens, conseillers départementaux et régionaux etc) et les déposer avant le 18 mars au Conseil Constitutionnel pour qu’il valide leur candidature. Une formalité pour la plupart des candidats qui représentent les grands partis. Mais cette quête est beaucoup plus complexe pour les petits prétendants, surtout depuis la réforme de la règle des 500 parrainages ! En effet pour les élections présidentielles de 2017, les règles ont changé. Lors des élections précédentes, les signatures étaient directement déposées au siège du Conseil par les candidats eux-mêmes ou leur équipe de campagne, garantissant ainsi l’anonymat des élus locaux qui les avaient parrainés. Mais depuis le 25 avril 2016, ce sont désormais les élus qui doivent eux-mêmes faire parvenir leur parrainage au Conseil Constitutionnel qui rend leur nom public sur son site (alors que jusqu’en 2012 seuls quelques noms étaient dévoilés par tirage au sort). Une nouvelle procédure qui désavantage clairement les petits candidats et qui suscite de réelles inquiétudes chez les membres du NPA 31.

« C’est un obstacle démocratique. Cela accroît la pression sur les maires car leur éventuels parrainages  peuvent avoir des conséquences sur des attributions de subventions derrières. D’autant plus que certains candidats nous apportent aussi leur soutien car ils estiment qu’il est légitime que nous puissions nous aussi nous présenter, et non pas parce qu’ils adhèrent à 100% à nos idées »

Pauline Salingue, membre de l’équipe de campagne de Philippe Poutou en Haute-Garonne

 

Déjà que cette quête n’avait pas été simple en 2012 pour Philippe Poutou qui avait tout juste récolté 572 parrainages, les membres du NPA 31 s’accordent à dire qu’elle s’annonce encore plus compliquée cette année et qu’elle demande déjà un « véritable effort militant », en plus des barrières financières auxquelles les petits partis peuvent faire face. Mais même si ces militants sont conscients que leur candidat n’a sans doute aucune chance d’occuper le fauteuil de l’Elysée un jour, sa candidature est pourtant selon eux légitime et nécessaire pour faire entendre la voix des ouvriers.

« Pour nous la politique n’est pas réservé aux politiciens professionnels. Philippe Poutou est un salarié, et sa candidature est une candidature de lutte pour porter notre message anti-capitaliste et l’instaurer dans le débat. On ne prétend pas qu’on va gagner, on n’est pas dans la logique du »élisez-nous on s’occupe de tout ». On sait juste que la présidentielle est un moment où il y a une audience importante où on peut aller sur le terrain au contact des gens pour leur parler de nos idées et les inciter à se mobiliser »

Nicolas Mousset, membre du NPA 31

Une logique de débat qui exclut donc toute alliance avec un quelconque autre parti, que ce soit avec le parti Lutte Ouvrière de Nathalie Artaud qui s’inscrit pourtant dans un courant similaire de lutte anticapitaliste mais avec qui il existe « quelques divergences » de priorités notamment en ce qui concerne le féministe, l’écologie et l’antiracisme qui sont des batailles à mener « dès maintenant » selon le NPA, et encore moins avec Jean-Luc Mélenchon qui ne partage pas les mêmes positions sur certains sujets et qui est avant tout « un politicien professionnel avec un train de vie élevé » contrairement à Philippe Poutou. Les membres du NPA souligne quand même que la primaire à gauche leur a posé quelques soucis , non seulement à cause de la « connaissance tardive des candidats » mais surtout parce que l’élection de Benoit Hamon laisse « moins de place à gauche ».

Philippe Poutou a mi-chemin

Pour l’instant le candidat anticapitaliste à l’élection présidentielle aurait obtenu « la moitié » des voix nécessaires, dont 45 sur l’ensemble de l’ancienne région Midi-Pyrénées. Un score local « plutôt correct » selon Nicolas Mousset du NPA 31 qui précise qu’il reste quand même « un long chemin à parcourir ». Et pour cela  l’équipe de campagne de Philippe Poutou ne manque pas d’imagination et n’hésite pas à mettre en scène son candidat dans une vidéo parodique publiée sur Youtube pour montrer la difficulté du candidat à récolter tout ces parrainages.

 

Philippe Poutou en meeting à Toulouse

Le candidat du NPA tiendra un meeting à l’Université Jean Jaurès de Toulouse le vendredi 24 février à 12h30. Un autre meeting est prévu un peu avant le premier tour le 18 avril à la salle Jean Mermoz à 20h. Le NPA organise également avant ça deux réunions publiques pour informer sur son programme, le mercredi 1er février à 20 heures à la salle de la Maison de la citoyenneté Nord, et le jeudi 2 mars à la salle San Subra sur les thèmes de la sécurité sociale, la santé et les services publics.