Mardi 24 janvier, les étudiants et quelques enseignants de l’Université Toulouse II Jean-Jaurès ont manifesté contre le vote de l’Idex. Ce label d’excellence, donné aux universités, a été décidé par le gouvernement, dans plusieurs villes de France. 

L’initiative d’excellence Idex est décidée par le gouvernement. Elle permet l’unification d’établissements d’enseignement supérieur dans les plus grandes villes, dont Toulouse. Une fois que cette fusion est établie, les établissements mettent en place des projets grâce à des financements gouvernementaux. Leur visibilité à l’international prend alors plus de poids.

« Toulouse avait été qualifiée en 2012 avec l’idex « Unity » qui prévoyait la mise en place d’une université nouvelle sur un mode que je jugeais, à l’époque, relativement élitiste », confie Daniel Lacroix, président de l’Université Toulouse II Jean-Jaurès. Après les élections, il y a eu une véritable contestation de ce modèle et le gouvernement a dû le modifier. « L’Unity 2 ou L’Unity révisée » a été créé et mis en oeuvre pendant trois ans. « Le projet Idex de Toulouse est passé devant un jury international il y a quelques mois. Mais on a perdu le label et les financements. Le jury a trouvé, en accord avec le Premier ministre, qu’on n’avait pas fait assez d’efforts de regroupement », explique Daniel Lacroix.

Les universités de Toulouse de nouveau dans la course

Durant le printemps 2016, le gouvernement a proposé une nouvelle candidature aux établissements de Toulouse.

« Le gouvernement a repêché l’Université Fédérale de Toulouse en accordant un délai de 18 mois pour présenter une nouvelle copie d’un projet d’Université d’Excellence correspondant aux engagements pris en décembre 2011. L’Etat a décidé d’accompagner financièrement par un avenant au contrat fixé à 7 millions d’euros par an à la place des 10 millions prévus. Si à la fin de la période probatoire décembre 2017, Toulouse n’est pas retenue pour l’Idex, les financements s’arrêteront, ce sera un échec définitif. Les universités toulousaines doivent se ressaisir et travailler avec les Ecoles d’Ingénieurs et les organismes de recherche pour intégrer au sein d’une même structure la recherche scientifique et technologique, les sciences humaines, la représentation à l’international, et cela ne peut être que l’Université Fédérale de Toulouse ! », avait assuré Jean-Louis Chauzy, président du conseil économique, social et environnemental d’Occitane, à la suite de la nouvelle.

Les établissements ont donc dû rapidement mettre en place un nouveau projet pour revenir dans le concours. Il a récemment permis de mettre au point une feuille de route (cadre général d’évolution pour les universités de toulouse). Elle prévoit une intégration de tous les établissements : Toulouse I – CapitoleToulouse II – Jean Jaurès, Toulouse III – Paul Sabatier, l’Institut National Polytechnique (INP) et de l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA) et la mise en place de projets scientifiques.

La feuille de route contestée

Les Conseils d’Administration des universités doivent d’abord valider la feuille de route avant la présentation au commissariat général à l’investissement (CGI) et une nouvelle fois devant le jury international en août 2018. A l’Université Paul-Sabatier, le Conseil d’Administration a validé le nouveau projet, le 17 janvier 2016. A Jean-Jaurès, il a dû être annulé avec la manifestation. « Le Conseil Académique, hier (lundi 23 janvier), a été favorable a la feuille de route de l’Idex avec 39 voix contre 25 et 5 abstentions. Les étudiants ont pensé que le Conseil d’Administration de Jean-Jaurès se passerait de la même façon donc ils nous ont empêché de le réaliser. Mais nous allons quand même devoir en faire un », souligne Daniel Lacroix.

« Nous sommes contre cette fusion car elle entraînerait la perte de la personnalité juridique de la fac du Mirail (Jean-Jaurès). Elle ne sera plus une université, elle fera simplement partie d’un grand établissement. Il pourra déroger sur le code de l’éducation en montant, par exemple, les frais d’inscription. Il n’y aura aussi qu’un seul Conseil d’Administration, ça sera déjà difficile de faire valoir notre université contre les autres établissements. Mais c’est surtout que seulement 10 représentants de ce Conseil sont issus de l’enseignement supérieur et qu’on y compte que 3 étudiants », explique Aurélie-Anne, étudiante et membre du syndicat étudiant UET (Unité des Etudiants Toulousains).

La course à l’Idex dépend désormais du bon déroulé de la mise en place du projet. Les Conseils d’Administration doivent donc réussir à voter.