11 des 15 médecins urgentistes du centre hospitalier Victor-Jousselin de Dreux (Eure-et-Loire) ont déposé une démission collective, mardi 17 janvier. Ils protestent contre leurs mauvaises conditions de travail.

« Nous sommes onze médecins démissionnaires sur quinze qui travaillent aux Urgences de Dreux. Nous voulons tous partir. Quitter l’établissement un par un aurait été transparent aux yeux des pouvoirs publics », a souligné Dr Nicolas, délégué syndical de l’Amuf (Association des médecins urgentistes de France). Leur démission sera effective le 1er octobre 2017. Les médecins démissionnaires laissent une dernière chance à la direction, pour trouver une solution à leurs protestations. « Nous ne voulons pas mettre l’hôpital et encore moins les patients en difficulté. Compte tenu de nos différents statuts, entre les praticiens, les médecins attachés, ceux qui sont sous contrat, notre démission sera effective au 1er octobre. » La directrice de l’établissement, Carole Festa, se dit surprise de cette décision. « Nous étions entrés dans un processus de discussion et de réaménagement des conditions de travail. Une prochaine réunion était déjà prévue le 2 février », a-t-elle souligné à l’AFP.

Une contestation qui dure depuis 2 ans.

Les médecins avaient fait une première grève, en octobre 2015, pour protester contre les conditions de travail. Elle était notamment organisée contre la fermeture de lits et une « saturation du personnel particulièrement évidente parmi le service des urgences ». En novembre 2016, presque un an après, ils n’avaient pas vu d’évolution. Ils ont écrit à la direction pour prévenir que ce n’était plus possible. Ils n’ont pas eu de réponse. Aujourd’hui, ils n’ont toujours pas assez de moyens. « La semaine dernière nous avons des patients qui ont attendu jusqu’à dix heures, une femme de 97 ans a passé 20 heures sur un brancard, on ne trouve plus de lits en aval, parce qu’ils ont été fermés », a raconté un des urgentistes au journal L’Echo Républicain. Le manque de place mais aussi le manque de personnel ont amené un début de burn-out chez les médecins. Mais il restent confiants, « à l’heure actuelle les urgentistes sont recherchés partout. On n’aura aucune difficulté à retrouver un poste », a affirmé Dr Nicolas, à France 3 Centre-Val de Loire.