Les embouteillages, le portable qui n’a plus de batterie, la pluie ou encore les sautes d’humeur du patron, c’est bien connu, râler est le sport national des français. Mais après plusieurs études réalisées, la sentence est tombée. Râler, c’est bon pour la santé. On vous explique pourquoi.

Se taire est néfaste. Savoir exprimer sa mauvaise humeur augmenterait l’espérance de vie. Tel est le résultat surprenant d’une vaste étude, menée par des chercheurs en psychologie de l’université allemande d’Iéna auprès de 6000 personnes. Ils ont constaté une accélération cardiaque chez les individus qui contiennent leurs émotions négatives, une accélération cardiaque qui pourrait à la longue augmenter les risques d’hypertension par rapport à ceux qui extériorisent leurs émotions.

« Lorsqu’une situation stressante se présente à ce type de personne, leur rythme cardiaque ainsi que leur pouls sont plus élevés que ceux des personnes qui n’hésitent pas à dire ce qu’ils pensent », explique le directeur de l’étude, Marcus Mund.

Voilà sûrement de quoi expliquer une partie des différences de longévité de vie en Europe. L’étude souligne par exemple que les Italiens et les Espagnols, connus pour leur fort caractère et leur sang chaud, vivraient en moyenne deux ans de plus que les Britanniques. La preuve en est aussi, du coté de nos amis les oiseaux, le perroquet, qui s’exprime quotidiennement, aurait une espérance de vie plus importante que ses camarades.

Râler pour tout… et n’importe quoi !!

Dans notre vie quotidienne les occasions de râler ne manquent pas. Au travail, dans les transports en communs, dans les bouchons. Voici une petite compilation des situations qui font le plus râler les Toulousains.

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Sur un sondage réalisé en 2011, 61% des français estimaient la situation de leur pays très difficile, et prévoyaient une aggravation dans les mois suivants. Inutile de vous dire que nous étions en tête du classement mondial des pessimistes… Un chiffre qui a d’ailleurs beaucoup étonné le reste du monde, si envieux de notre système social, de notre qualité de vie, et de notre liberté d’expression. Les français estiment que s’ils râlent beaucoup, c’est parce que « si on ne râle pas, on se fait marcher dessus ». Et quand on leur demande leur principal sujet d’agacement, on obtient à 48% : le gouvernement, les discours politiques, et les administrations.

Râler oui, mais avec modération

Pour Pauline Raysseguier, psychologue à Albi «  ce qui est bon c’est de verbaliser, exprimer, montrer ce qu’il y a à l’intérieur, mais cette irritabilité ne doit pas renfermer une colère constante, qui peut être néfaste et cacher quelque chose de plus sérieux ». En effet, il faut différencier râler et exprimer une colère permanente, qui peut alors manifester un certain stress et un mode de vie déprimant. C’est ce qu’explique le psychiatre américain Steven Parton, plus une pensée est utilisée, plus on y revient facilement et régulièrement, car le chemin parcouru par cette idée a été enregistré par notre cerveau. Cela s’explique par les connexions entre les synapses : « Quand vous avez une pensée, une synapse crée un pont jusqu’à une autre et lui envoie un signal électrique. Ce dernier transporte et transmet l’information à laquelle vous pensez », détaille le scientifique. Or plus ces connexions sont fréquentes, plus les synapses se rapprochent les unes des autres et moins le trajet est long à parcourir. Ainsi, si nous sommes hantés en permanence par des pensées sombres, nous sommes de plus en plus disposés à broyer du noir. Se crée alors un cercle vicieux pessimiste.

 

« Râler, c’est dire non à ce que l’on nous impose »

 

La psychiatre Sandrine Lasserre nous explique les bienfaits de râler