« Les Restaurants du cœur » est une institution qui existe depuis 1985. En Haute-Garonne, c’est 1 442 bénévoles et 534 208 heures auprès des plus démunis en 2016. Murielle Decroix, présidente de l’association des Restos du cœur en Haute-Garonne, a répondu à quelques questions pour nous. Elle revient sur les fondamentaux, pour mieux comprendre à qui s’adresse l’association.

Il y a aujourd’hui, une grande précarité chez les étudiants

  Qui vient frapper à la porte des Restos ?

On voit de plus en plus de personnes seules, venir frapper à notre porte. On avait déjà des femmes avec des enfants, mais là, c’est plus des gens seuls, plutôt seniors, qui ont la possibilité de payer leur loyer, mais pas de manger. Globalement, le plus gros de notre population reste les familles monoparentales et les seniors. Mais à ce jour, nous avons ouvert certains centres de distribution à des horaires plus tardive et donc particulière qui amène de nombreux étudiants à se tourner vers nous. Il y a aujourd’hui, une grande précarité chez les étudiants.

Qui peut bénéficier des “Restos du cœur” ?

La Haute-Garonne a 35 centres de distribution et annexes dans le département. Dans ces centres de distribution, on accepte les gens suivant un barème, propre à l’association. Personne ne peut dire qu’il a droit aux “Restos du cœur”, nous sommes les seuls à pouvoir décider qui on accepte. On a un barème qui est fixé par les minimas sociaux, et globalement, ce que l’on examine, c’est les papiers qu’ils nous donnent puis on voit si cette personne rentre dans le barème. Si oui, elle entre dans le système de l’aide alimentaire. Si non, elle peut être acceptée aux activités des Restos. Le barème, c’est le barème. Il y a toujours des exceptions, si la personne dépasse un peu le barème, on examine à plusieurs au centre et on en discute. Celui qui n’a pas droit à l’aide alimentaire des Restos, peut avoir accès aux autres activités. Par exemple, une femme qui n’a pas droit à l’aide alimentaire, qui est en instance de divorce, mais qui ne sait pas comment faire, elle va pouvoir être aidée au niveau juridique avec des conseils.

On propose toutes ces choses pour les remettre dans le circuit social

Quelles autres activités proposez-vous au Restos du cœur ?

On propose d’autres aides, en plus de l’alimentaire et du juridique. On peut proposer de l’aide avec des cours de français, on intervient aussi au niveau culturel avec la distribution de places de cinéma ou un accès à la bibliothèque. On propose toutes ces choses pour les remettre dans le circuit social, notre circuit à nous, normal, de sortie de chez soi. On vient aussi de réouvrir un atelier chantier d’insertion support cuisine, où une dizaine de personnes en réinsertion apprennent à se remettre dans les clous du travail. On propose aussi, un hébergement, entre urgence et insertion. On essaie de les orienter vers des logements pérennes. On a ré-ouvert neuf logements depuis décembre pour pouvoir accueillir des travailleurs pauvres qui dorment dans leur voiture par exemple, pour essayer de les amener vers un logement dit normal.

 

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