A Toulouse, environ 900 personnes vivent dans la rue. Certains trouvent des hébergements pour quelques nuits. D’autres n’ont pas cette chance. Dans des quartiers de la ville, des squats ont été établis pour donner un toit à ceux qui n’ont en pas. Celui des Arènes est le plus grand.

Au fond d’une impasse, dans le quartier des Arènes, l’ancien bâtiment de la Cegelec s’est transformé, depuis 2015, en un endroit où se réfugier, partager, s’abriter. Ce squat, créé par quelques Toulousains est devenu, en 2 ans, le plus gros squat que Toulouse n’ait jamais connu. « 400 personnes vivent ici. C’est presque la moitié du nombre total de personnes qui vivent dans la rue », souligne Thomas Couderette, membre du Cedis, un acteur pour l’hébergement des sans abris. Avec son équipe de 10 bénévoles, Thomas intervient aux Arènes pour rendre la vie des sans-abris un peu plus simple. Leurs missions : aider à l’accès à la santé, au droit, à la scolarité, à la culture « parce que même si on est démunis, on y a droit « , souligne-t-il. Ils sont là aussi pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de tensions qui se développent entre les habitants et avec les voisins. « Les Arènes, c’est le seul squat à Toulouse qui soit complètement ouvert, ça renforce l’insécurité et il y a peu de gestion collective, vu sa taille exceptionnelle. »

Ivan, Erwan et Lorna ont distribué des cadeaux aux enfants du squat./ Photo Yannick Lonca

Leur second objectif est d’amener des associations dans ces squats. Ce 11 janvier, c’est le Service Civique qui a donné le sourire à la trentaine d’enfants qui habite ici. Ils ont eu des cadeaux, d’un Noël qu’ils n’ont peut-être pas fêté. « On fait notre Service Civique avec Unis-cité. Pendant 8 mois, on sera sur le terrain pour venir en aide aux plus démunis. Avant cette distribution, on est allés dans les trois squats où intervient le collectif Cédis : ici, aux Arènes et Saint-Michel et Purpan où il y a une centaine de personnes. On a rencontré les habitants, appris le prénom de tous les enfants et fait la collecte des cadeaux. Au total, on a gâté environ 150 enfants », raconte Lorna, membre de la mission du Service Civique.

Le squat, plus facile que la rue ?

A Toulouse, le nombre d’hébergement d’urgence disponible est historiquement plus bas que dans tout le reste du territoire. Alors, quand il n’y a plus de places, il reste le squat ou la rue. La majorité des habitants vient ici parce qu’elle en a entendu parlé. « Il y a 1/4 de Bulgares mais aussi des Français, Roumains, Italiens, Maghrébins, des Asiatiques ou encore des Mongols. On retrouve une vingtaine de nationalité. » Mais, à part un toit, ces bâtiments désaffectés n’ont pas grand chose à envier à la rue. Ici, l’électricité et l’eau chaude ne marchent pas toujours.

« Le plus dur sera de chauffer 400 personnes dans ces bâtiments cet hiver »

La période hivernale est souvent la plus difficile à passer pour ces sans-abris. Un toit est nécessaire pour faire face aux intempéries. Mais, contrairement à ce que l’on peut penser, pendant cette période, il n’est pas plus difficile de trouver des logements, au contraire. Pour l’hiver 2016-2017, l’Etat a mis en place un dispositif d’accueil pour les sans-abris. Au total, près de 100 places supplémentaires seront créées (10 places pour couples et hommes isolés, gérées par Emmaüs, 30 places pour hommes isolés, gérées par la Croix Rouge, 10 places pour des familles gérées par l’association Espoir, 30 places pour des familles gérées par l’association des cités du secours catholique et 35 places pour des familles gérées par l’association France Horizon). « En ce moment, les gens dans la rue obtiennent facilement des places dans les hôtels, qui participent aussi à cet accueil. Nous n’attendons pas plus de monde dans les squats. Ici, le plus dur sera de chauffer ces 400 personnes dans ces bâtiments », souligne Thomas.

Même si la vie dans les squats est presque aussi dure que la rue, les habitants ne perdent pas espoir de trouver un meilleur hébergement. « On est encore loin du compte mais il y a du progrès, on a eu +50 % d’hébergements en 3 ans », explique Thomas. Et Toulouse est quand même une des rares villes de France où le nombre de sans-abris a diminué.