Parmi les personnes vivant dans le squat des Arènes, créé par le Collectif Cédis, s’y trouvent des familles entières. Malgré des conditions de vie parfois déplorables, elles ont choisi de vivre ici car elles préfèrent la France à leur pays d’origine. C’est notamment le cas de Maria et de sa famille.

Maria a 43 ans. D’origine Bulgare, elle vit dans les anciens bâtiments Cegelec, derrière la barre d’immeuble des Arènes, avec ses trois enfants depuis un an. Arrivée en France il y a cinq ans, cette petite femme souriante aux cheveux blonds a longtemps vécue seule dans la rue avec ses trois enfants. « À cette époque c’était très difficile, raconte-t-elle, je n’avais pas de toit et je ne trouvais pas toujours de quoi donner à manger à mes enfants ». Durant deux années, Maria va vivre cette vie de misère, à faire les poubelles et écumer les centres d’hébergement, pas toujours ouverts aux femmes ou aux familles.

Puis, un jour, elle rencontre un homme. Un français. Celui-ci va tout de suite se montrer généreux avec elle. Il va les installer, elle et ses deux enfants dans un hôtel à Toulouse. « Ce n’était pas le luxe, je n’avais pas de travail et mon ami ne venait pas souvent nous rendre visite, mais au moins mes enfants dormaient à l’abri et nous avions à manger tous les jours ». Avec lui, elle apprend les rudiments de la langue française et se met à chercher un travail. Elle espère enfin pouvoir sortir de la rue. Malheureusement, au bout d’un an de cette relation, celle-ci se termine. Une nouvelle fois, Maria se retrouve à la rue, avec ses enfants. Et une nouvelle fois, elle se retrouve à la rue, à devoir solliciter l’aide des centres d’hébergement.

Le squat des Arènes, l’espoir d’un avenir meilleur.

Il y a environ un an, elle apprend l’existence d’un squat, dans le quartier des Arènes. Un squat dont le Collectif Cédis est à l’origine. Elle qui n’a rien, se rend donc aux anciens bâtiments Cegelec sans un sou. Là-bas elle trouve un logement, pas très grand, mais suffisant pour l’abriter, elle et ses deux enfants. Plusieurs communautés vivent là-bas, elle décide donc de se rendre dans le bâtiment « des Bulgares ». Depuis un an, elle vit dans le squat. Elle s’est fait des amis et tous s’entraident et sont liés par des liens forts. Pour elle désormais plus question de retourner dans des centres d’hébergements traditionnels. « Là-bas, on avait peut-être plus de chose qu’ici, mais on ne pouvait pas venir quand on voulait. Ici, c’est un peu comme si c’était chez moi. » Car la vie dans les squats n’est pas facile, loin de là. La plupart des choses qui semblent élémentaires et acquises pour nous ne l’est pas dans ces habitats.  » Ici, on n’a pas d’électricité, pas d’eau courante, et je n’ai toujours pas de travail. Pour se doucher, on est obligé de se rendre au Grand Ramier, et je suis parfois encore obligée de faire les poubelles pour que mes enfants puissent manger « . Malgré cette situation, Maria garde l’espoir et le sourire. Même si ses conditions de vie sont déplorables en France, elle préfère rester ici plutôt que de retourner en Bulgarie, son pays d’origine. Au moins ici, elle a l’opportunité de décrocher un travail.

Aujourd’hui, tout ce que demande Maria c’est un travail, pour pouvoir mettre sa famille à l’abri et vivre de façon plus confortable. Si elle multiplie les demandes depuis plus d’un an, pour l’heure elle n’en a toujours pas décroché un.