La grippe est devenue de plus en plus difficile à gérer dans les hôpitaux de France. Une réunion de crise s’est ouverte, ce 12 janvier, à l’Elysée.

Autour de la table, François Hollande a convoqué la Ministre de la Santé Marisol Touraine, mais aussi Martin Hirsch, le directeur général de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), et le directeur général de l’Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France, Christophe Devys. La décision a été prise après l’annonce de Marisol Touraine, qui a affirmé, le 11 janvier, que le bilan de la grippe serait « probablement lourd ».

A l’issue de la réunion, la Ministre de la Santé a assuré que, « depuis la mise en oeuvre des mesures, la pression s’est relâchée ». Pression vécue par les services hospitaliers. En effet, le nombre « d’établissements de santé en tension » a presque doublé en moins d’une semaine. Au total, 142 hôpitaux, sur les 850 du pays ont été déclarés ainsi. Ils doivent trouver le moyen de mettre en place de nouveaux lits ou encore appeler du personnel médical pour renforcer les équipes. En plus de ça, Marisol Touraine demandait aux hôpitaux de reporter les opérations qui n’étaient pas urgentes. « Ce message a été entendu et je remercie les hôpitaux qui ont fait en sorte d’aménager leurs organisations », a-t-elle souligné à la suite de la réunion.

Un manque de moyens dans les hôpitaux

Même si le gouvernement fait en sorte d’agir contre l’emprise du virus, Marisol Touraine a eu droit à de nombreuses critiques de la part des médecins, infirmiers, urgentistes. La situation a en effet mis en lumière le manque de moyens dans le monde hospitalier. Julien Terrier, manipulateur en radiologie et syndicaliste pour la CGT CHU de Toulouse, nous l’explique.

Le nombre de cas ne s’améliore pas

Si la situation semble être mieux gérée, le cas de grippe ne diminue pas. Ces 4 dernières semaines, 784 000 personnes ont consulté un médecin pour le motif de la grippe et « le cap du million a bien été franchi », a confié, hier, le secrétaire général de SOS Médecins, Serge Smadja, au quotidien Le Parisien.

Augmentation de la grippe depuis 2014./ Photo Bilan Irsan

Parmi eux : 52 français (dont 6 en région Occitanie) sont décédés depuis le 1er novembre 2016, date à laquelle le virus est arrivé en France. « C’est une grippe normale mais il y a beaucoup de monde qui est tombé malade parce qu’elle est arrivée en avance, dans une époque où la plupart de la population est fatiguée », explique Juan Manuel Calvo Mangas, médecin généraliste à Toulouse. D’après le Réseau Sentinelles, l’âge médian des victimes se situe autour de 36 ans. Mais les décès concernent surtout les seniors de plus de 65 ans. Leur système immunitaire insuffisant ne leur permet pas de se protéger contre le virus.

A Toulouse, le CHU n’est pas concerné par l’épidémie. En revanche, le manque de moyens est bien présent. L’exemple le plus parlant : depuis 2014, leurs effectifs n’augmentent plus alors que les besoins, eux,sont en constante hausse. La CGT du CHU Toulouse a donc décidé de descendre une nouvelle fois dans la rue le 24 janvier. L’épidémie de grippe sera-t-elle, cette fois, un argument de poids ?