Danser un slow sur un 33 tour ? Cette époque est bien révolue. Et pourtant les vinyles fêtent leur 68 ans. Plus que jamais ces disques s’offrent de beaux jours dans les bacs.

« Avoir un seul vinyle préféré ? Autant ne pas en avoir du tout ! ». Mayeul Irlinger a acheté son tout premier disque à l’âge de 14 ans, alors unique moyen pour mixer la m usique techno en plein essor. Aujourd’hui, Mayeul est disquaire. Cela fait quatre ans qu’il a ouvert son magasin, Ex-Vinylo, au cœur de la ville de Rabastens dans le Tarn. « Il y a de moins en moins de profil type en ce qui concerne les acheteurs de vinyle. Mon plus jeune passionné à 11 ans, mes clients les plus vieux ont plus de 70 ans », avoue-t-il. Le vinyle est un objet qui a eu un réel impact sur les tendances et les amateurs de musique. Rock dans les années 70, hip-hop dans les années 90… En 2017 l’engouement reste intact mais surtout éclectique : « Avant le vinyle était la culture musicale de genres musicaux plutôt marginaux, comme la techno ou le reggae. Maintenant le public écoute tout, bien que certains disques restent intemporels. Par exemple je vends le plus rapidement les vinyles de Nina Simon », confie Mayeul. De manière générale, le 33 tour des Pink Floyd reste un classique, qui attire des acheteurs venus de tous horizons.

 

Les 10 albums vinyles les plus vendus au monde

 

« On peut naviguer dans l’histoire »

 

« Pour les garder en bon état, il faut le vouloir ». / Ex-Vinylo

 

Fouiller chez les disquaires, commencer des collections, découvrir de la musique… Ce système d’écoute aussi appelé microsillon apparaît comme un objet porteur d’histoires, encore faut-il le garder en bon état. « Le vinyle peut durer longtemps car sa matière est solide. On peut trouver aujourd’hui des 33 tours qui se lisent encore et qui pourtant ont cinquante ans. C’est un réel plaisir de découvrir des choses perdues », explique Mayeul. Vinyle, CD, Mp3… le dicton « la mode est un éternel recommencement » prend tout son sens face au boom pour ces disques. Pour Mayeul, le vinyle marque le besoin de posséder un objet dans son intégralité :

« Au-delà de son intérêt musical, les disques ont un côté graphique et qui dure dans le temps. Le vinyle peut aussi avoir une odeur, garder la marque des personnes qui l’ont touché, il transporte une part d’histoire. On peut naviguer dans l’histoire. Il n’y a pas vraiment d’explications face au boom pour ces disques, les gens sont juste attachés à l’objet. Il a un poids culturel ».

Les vinyles ont encore de quoi crépiter et faire tourner les têtes des DJ, des collectionneurs et des amateurs de musique en tous genres.