C’est l’un des rappeurs montants de la Ville rose. Manel alias Melan, 24 ans, artiste indépendant originaire des Yvelines en région parisienne, vient de sortir son dernier album intitulé
« Vagabond de la rime 3 ».

Rebelle sur les bords mais à la plume délicate, il y retrace son parcours et livre son regard sur la vie autour de 24 morceaux inédits. Membre du collectif toulousain Omerta Muzik, Melan a fait ses gammes avec « La vingtaine » (2012) puis les compilations « Vagabond de la rime » 1 et 2 (2012 et 2014). Dans ce nouvel opus, il revisite des sonorités à la fois sombres, festives et même reggae qui témoignent de sa polyvalence en terme de registre musical.

A l’ère du tout numérique, impossible pour Melan d’échapper à la conquête du public sur le web. Si son dernier album se vend bien en librairie, l’artiste toulousain publie tous les jours depuis près de deux semaines un morceau de « Vagabond de la rime 3 ». Et comme si cela ne suffisait pas, Melan vient d’annoncer le bouclage de son prochain opus par le biais d’un selfie publié vendredi sur sa page Facebook. Une bonne nouvelle pour ses fans qu’il n’a pas manqué de remercier via les réseaux sociaux : « Merci pour la route qu’on fait ensemble modeste public au grand cœur ».

« Passant passe », le dernier clip de Melan réalisé dans les rues de Toulouse

Son dernier clip « Passant passe » le met en scène dans les rues toulousaines qu’il arpente à bord d’un fauteuil. « L’idée était de mettre du mouvement dans ma vidéo et d’être tracté aux quatre coins de la ville » précise Melan. « Au départ je devais grimper sur un skateboard mais avec Nezis, le réalisateur, nous avons vu plus grand et notre choix final s’est porté pour une remorque. Vous avez vu le soleil? Nous sommes tous en tee-shirt dans le clip et pourtant nous avons tourné à la fin du mois d’octobre ». Une façon de rendre hommage à Toulouse,  la ville qui l’a fait connaître pour sa musique.

Ses meilleurs souvenirs sur scène c’est d’ailleurs dans la Ville rose qu’il les conserve. Autant à l’aise dernière les écrans que face aux foules, Melan apprécie se produire dans des salles comme la Dynamo, le Bikini ou encore le Phare où il fait la première partie du célèbre groupe de rap Sniper.

Melan à travers son style et la scène

« Je crée pour me lâcher, l’image je m’en fiche »

Bien que présent sur la scène musical en solo, Melan appartient également au collectif toulousain Omerta Muzik qui a vu le jour en 2010. « A la base ce groupe avait pour but de créer uniquement des instrumentales. Des producteurs de sons comme Diaz, Djé et Enro se sont entourés du rappeur Capdem pour composer des morceaux » détaille Melan. « Nous avons beaucoup travaillé ensemble mais j’aime tout autant écrire dans mon coin. »

Avec en tête de gondole des phénomènes tels que Zebda ou plus récemment Bigflo & Oli, nul doute que Toulouse est une terre de rap. Plébiscité par un public de puristes, Melan rappe avant tout pour lui-même. « Je crée pour me lâcher, l’image je m’en fiche. Je préfère avoir un petit public mais un public très réceptif. A Toulouse j’y trouve mon compte. Ce n’est pas une ville fermée car tous les styles s’y retrouvent. » lance Melan. « En France les rappeurs manquent de créativité. Nous sommes trop dans le réchauffé en ce qui concerne les instrumentales. Les rappeurs n’osent pas aller vers l’original comme ce qui peut être le cas aux Etas-Unis. »

En attendant la parution de son nouvel album, Melan, le vagabond du rap, risque bien de s’essayer à de nouvelles expérimentations musicales.